Témoignages

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Caisse Primaire d’Assurance Maladie de l’Asine

Risque Psychosocial: du baromètre à l’accompagnement personnalisé

Afin que chacun des 450 000 bénéficiaires puisse obtenir chaque jour ses remboursements, 440 salariés travaillent à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de l’Aisne. Outre le remboursement des soins, la CPAM remplit une mission de gestion du risque et de prévention. En 2014, sur la base des résultats du Baromètre Social Institutionnel , déployé chaque année au niveau national sein de la Sécurité Sociale, la direction de la CPAM de l’Aisne, décide d’aller plus loin. La prévention des risques psychosociaux fait partie de la gestion de son organisme. Pour cela, elle s’adresse tout naturellement à son service de santé du travail : MTA, Médecine du Travail de l’Aisne.

Caroline Bouquignaud est responsable des ressources humaines à la CPAM de l’Aisne : « Sur un total de 8 sites, 80% de nos agents travaillent sur Saint-Quentin et Laon. En 2014, 60 % de nos salariés ont répondu aux questions du Baromètre Social Institutionnel. Un point de vigilance est ressorti : le stress. Nous avons constitué un groupe de travail, avec le Comité d’Hygiène, de Sécurité et Conditions de Travail, et une équipe de MTA. Cette équipe comprenait notre médecin du travail, l’infirmière qui réalise nos entretiens infirmiers de santé au travail et un psychologue du travail. Dès 2015, nous avons pu mettre en place des mesures concrètes pour développer le bien-être au travail ». Initiée par le Dr Carole Pila, la démarche d’accompagnement de la CPAM est suivie et coordonnée par le Dr Céline Lamy Zaluski et le Dr Martine Moussalier, médecins du travail à MTA.

Le diagnostic

Anne Bernard est infirmière de santé au travail à MTA : « J’ai réalisé les entretiens infirmiers des salariés de Saint-Quentin sur la base du questionnaire EVREST, complété par des questions adaptées à la CPAM. Agnès Hanryon, ma collègue, a fait de même pour les salariés de Laon. Avec le médecin du travail, nous avons réalisé ainsi une véritable « radiographie » de la situation ». Trois axes de travail ont été définis : conseils pour l’aménagement du travail sur écran, intervention du psychologue du travail, mise en place de groupes de travail. Clément Charpentreau est psychologue du travail à MTA : « J’ai vu en entretien individuel les 15 salariés d’un service, dont les indicateurs ont attiré notre attention. Puis, avec le médecin du travail, j’ai fait une restitution anonyme auprès de la direction et du CHSCT, en septembre 2015. Nous devons les revoir en septembre 2016, pour évaluer l’impact des mesures prises par la CPAM ».

Les actions

Lydie Bonnay, technicienne prévention à MTA, passe très régulièrement à la CPAM : « J’apporte en continu des conseils sur l’aménagement de leurs postes auprès des salariés travaillant sur écran, au sein des bureaux et des open space ». Caroline Bouquignaud conclut : « MTA nous a apporté le regard d’un tiers extérieur neutre et légitime en associant étroitement infirmière santé travail, médecin du travail, psychologue du travail et technicienne de prévention. Les salariés ont pu s’exprimer en confiance. Nous avons apporté des changements d’ordre organisationnel et managérial ». Piloté par MTA, cet accompagnement associe le SISAT (Service Interprofessionnel de Santé au Travail Sud Aisne).

Caisse Primaire d’Assurance Maladie de l’Aisne
440 salariés

Caroline BOUQUIGNAUD, responsable des ressources humaines

SANTÉ AU TRAVAIL DE SAINT-QUENTIN (MTA)

(Publié dans le N°34 : Santé au travail : PLUS EFFICACE À PLUSIEURS !) le 01/06/2016

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A PROPOS DE LA PRÉVENTION DES RISQUES PSYCHOSOCIAUX

Le risque psychosocial recouvre des situations très diverses. Cependant, plusieurs méthodes, bien éprouvées, existent pour réaliser une évaluation de ce risque, identifier des actions à entreprendre, avoir des indicateurs de suivi. Il ne faut donc pas hésiter à consulter son service de santé au travail. Le médecin du travail est à même de vous orienter sur la méthodologie adaptée à votre situation. Il connaît les outils à votre disposition. Cet article présente les grandes lignes des démarches envisageables. En étant synthétique, sans être exhaustif. Juste pour ouvrir des horizons…

Bien-être et efficacité au travail

Le rapport Bien-être et efficacité au travail a été publié en 2010, sous la signature de Henri Lachman, Chistian Larose et Muriel Penicaud, avec le support de Marguerite Moleux, pour le Ministère du Travail. Il présente dix propositions pour « améliorer la santé psychologique au travail ». Dans l’avant-propos, le parti pris est clair : « Investir dans la santé au travail est d’abord une obligation sur le plan humain : de plus, ce n’est pas une charge, c’est un atout pour la performance ». De même, il est précisé : « (…) l’amélioration de la santé psychologique au travail ne doit pas se limiter à la gestion du stress professionnel. Le vrai enjeu est le bien-être des salariés et leur valorisation comme principale ressource de l’entreprise ». Ce rapport présente dix propositions concrètes :

1. L’implication de la direction générale et de son conseil d’administration est indispensable.
L’évaluation de la performance doit intégrer le facteur humain, et donc la santé des salariés.
2. La santé des salariés est d’abord l’affaire des managers, elle ne s’externalise pas.
Les managers de proximité sont les premiers acteurs de santé.
3. Donner aux salariés les moyens de se réaliser dans le travail.
Restaurer des espaces de discussion et d’autonomie dans le travail.
4. Impliquer les partenaires sociaux dans la construction des conditions de santé.
Le dialogue social, dans l’entreprise et en dehors, est une priorité.
5. La mesure induit les comportements.
Mesurer les conditions de santé et sécurité au travail est une condition du développement du bien-être en entreprise.
6. Préparer et former les managers au rôle de manager.
Affirmer et concrétiser la responsabilité du manager vis-à-vis des équipes et des hommes.
7. Ne pas réduire le collectif de travail à une addition d’individus.
Valoriser la performance collective pour rendre les organisations de travail plus motivantes et plus efficientes.
8. Anticiper et prendre en compte l’impact humain des changements.
Tout projet de réorganisation ou de restructuration doit mesurer l’impact et la faisabilité humaine du changement.
9. La santé au travail ne se limite pas aux frontières de l’entreprise.
L’entreprise a un impact humain sur son environnement, en particulier sur ses fournisseurs.
10. Ne pas laisser le salarié seul face à ses problèmes.
Accompagner les salariés en difficulté.

Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maitriser

Le rapport Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser a été publié en 2011 et rédigé par Michel Gollac et Marceline Brodier, suite aux travaux d’un collège d’experts mis en place par le Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Il distingue plusieurs facteurs à prendre ne compte dans une analyse de risques :

1 Intensité de travail et temps de travail
2 Exigences émotionnelles
3 Autonomie
4 Rapports sociaux au travail (représentations, relations avec les collègues, relations avec la hiérarchie, autres formes de relation avec l’entreprise, relations avec l’extérieur de l’entreprise, violences internes)
5 Conflit de valeurs
6 Insécurité de la situation de travail
7 Les dispositifs de prévention
8 Les caractéristiques individuelles

Évaluer les risques psychosociaux : l’outil RPS-DU de l’INRS

Publié en 2013 par l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité – Brochure ED 6140), Sandrine Guyot, Valérie Langevin et Anne Montagnez cosignent ce guide Evaluer les risques psychosociaux donne des repères méthodologiques et un outil pratique RPS-DU pour repérer et évaluer les facteurs de risques psychosociaux et les intégrer dans le document unique, avec des exemples de pistes pour la définition d’un plan d’actions. Ce guide propose une grille d’évaluation en Sept points :

1 Intensité et complexité du travail
2 Horaires de travail difficiles
3 Exigences émotionnelles
4 Faible autonomie de travail
5 Rapports sociaux au travail dégradé
6 Conflits de valeurs
7 Insécurité de l’emploi et du travail

Il propose en outre un tableau de bord des actions de prévention des risques psycho-sociaux. Cet outil est adapté à l’approche d’une unité de travail.

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