Témoignages

Témoignages

CAS de Conteville-les-boulognes

Tous exposés, tous protégés

« Les salariés de mon établissement bénéficient des mesures de prévention et sécurité comme tout travailleur », constate Patrick Caudoux, directeur du Centre d’Accueil et de Soins (C.A.S.) de Conteville-les-Boulogne. « Cependant, les usagers handicapés sont exposés aux mêmes risques dans les ateliers. Comment les protéger eux aussi ? »

cas

En effet, dans les ateliers de ferronnerie et menuiserie de ce C.A.S. du Boulonnais, des personnes déficientes intellectuelles fabriquent avec soin et attention des portails, clôtures, barrières, lanternes, ruches, portes-plantes… Tout comme les salariés, elles sont exposées aux risques liés à cette activité : bruit, poussières de bois et métaux, blessures par coupure ou brûlure… Pourtant, elles ne bénéficient pas des Services de Santé au Travail puisqu’elles ne sont pas considérées comme salariées. Contrairement à un Etablissement et Services d’Aides par le Travail (ESAT, ex C.A.T.) où les travailleurs handicapés perçoivent un salaire, les résidants en C.A.S. exercent une activité occupationnelle non rémunérée. Les objets qu’ils fabriquent sont vendus au profit de l’association, l’APEI en l’occurrence.

Recensement des risques

Quand Patrick Caudoux a pris la direction du C.A.S. et des foyers d’hébergement et de vie associés, il s’est trouvé à la tête d’un établissement de plus de cinquante salariés et a donc proposé la création d’un CHSCT. Avec le Service de Santé au Travail ASTIL 62, et le médecin du travail de Wimereux, le Dr Lydie Lebas, a été mis au point le document unique. Matthieu Gouteyron, contrôleur sécurité à la CARSAT Nord- Picardie, a apporté son aide technique.

Les risques de l’établissement ont été recensés, notamment dans les ateliers de ferronnerie et de menuiserie : fumées de soudure, poussières de bois, bruit, ingestion de produits comme la colle à bois, chutes, coupures, brûlures, charges lourdes, incendie, électrocution… Il fut constaté que les usagers étaient tout autant exposés aux risques que les éducateurs, sinon davantage, étant des personnes fragilisées pouvant facilement se tromper dans les procédures, gestes et produits…

Protections individuelles pour tous

cas

L’établissement a donc investi dans un système d’aspiration de fumées et de sciures avec un éclairage ciblant le point de travail pour améliorer la sécurité des utilisateurs des machines et des outils. Salariés et usagers ont été dotés de protections individuelles : masques, casques antibruit, gants, chaussures de sécurité. Des kits de secours avec poche réfrigérante isotherme ont été prévus. Après un accident, ils permettent de maintenir au froid le membre sectionné, en attente d’une intervention chirurgicale. En plus du budget alloué à la sécurité des salariés, l’investissement concernant les résidants a été permis grâce aux bénéfices réalisés par la vente des objets artisanaux. Avec l’aide du Dr Lebas, les membres du CHSCT, Guy Barbrau, Carine D’Haillecourt, Stéphane Flahaut, ont mené un travail d’information et de communication auprès des éducateurs. Des fiches de postes et des fiches d’utilisation de produits moins toxiques et moins nocifs ont complété le dispositif.

(Publié dans le N°13 : L'etiquette nous parle) le 29/03/2011

Témoignages

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies ou de technologies similaires : nous conservons et analysons les informations relatives à vos dernières visites à des fins d'analyse en vue de comprendre comment les internautes consultent notre site pour, à terme, le rendre plus intuitif. Nos contenus sont également partagés sur les réseaux sociaux

En savoir plus sur les cookies (PDF)

Afin de continuer à améliorer la protection de vos données personnelles, nous avons mis à jour notre politique de confidentialité (PDF)