Témoignages

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EHPAD Gaston Houzel, Boulogne-sur-mer

L'ergonomie se fait sociale

« Les infiltrés », la nouvelle émission de France 2, a mis un coup de projecteur sur le malaise des soignants dans les Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), communément appelés maisons de retraite. Sur le littoral nordiste, 7 directeurs n’ont pas attendu cette émission pour réfléchir et agir sur les conditions de travail, appuyés dans leur démarche par la Santé au Travail de Calais (ASTIL 62).

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“Nous avons pris conscience que le personnel n’allait pas bien. Frustré de ne pas pouvoir faire ce qu’il devrait faire par manque de temps.” Jean-Louis Tempelaere – Directeur – EHPAD Gaston Houzel

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À l’origine, l’initiative d’un médecin du travail, Lydie Lebas et de sa Secrétaire Assistante en Santé au Travail, Virginie. Il y a un an, alors en visite dans l’établissement Gaston Houzel de Boulogne-sur-Mer, elles découvrent une situation délicate. Les plaintes du personnel se font plus nombreuses : maux de dos, manque de temps, arrêts maladie à répétition ; et un directeur nouvellement nommé. Pour comprendre la situation et surtout apporter des solutions à cette équipe, elles mettent en place une étude de poste sur deux soignants, en charge de 19 résidents.

Recherche soignants…

« Notre étude a ensuite été présentée au directeur. Certaines préconisations ont pu être suivies rapidement : le changement des chariots, la remise en service du lève malade, des formations en Prévention des Risques liés à l’Activité Physique. D’autres réclament plus de temps car elles touchent à l’ergonomie des locaux : la réfection des sanitaires par exemple », commente le Dr Lebas. Mais de la bouche même du directeur, Jean-Louis Tempelaere, « le souci primordial, c’est le manque de personnel ». Là où il faudrait 3h10 pour faire la toilette d’une vingtaine de personnes, les soignantes ne disposent que de 2h30. « Nous avons pris conscience que le personnel n’allait pas bien. Frustré de ne pas pouvoir faire ce qu’il devrait faire par manque de temps » continue t-il.

Ne pas s’arrêter au constat

On aurait pu s’arrêter au constat. C’était sans compter sur la détermination du Dr Lebas. Soutenue par l’établissement Gaston Houzel, l’étude s’est étendue à 6 autres EHPAD du littoral. Les problématiques se sont révélées communes avec néanmoins quelques divergences liées aux tailles et âges des établissements. Lydie Lebas ajoute : « Les 7 directeurs se sont réunis, conscients que notre action pouvait leur apporter un plus certain pour se faire entendre ». Aujourd’hui, fort de ces 7 expériences et pour étendre cette étude sur le territoire régional, le dossier a été déposé à la Direction Régionale du Travail de l’Emploi et de la Formation Permanente Nord-Pas-de-Calais.

PAROLES D’ACTEURS

« 14 ans d’ancienneté et je ne peux que constater l’augmentation de la charge de travail. Lorsque le Dr Lebas a réalisé l’étude de poste, je n’ai rien changé à mes habitudes. Elle a ainsi compris notre situation et a apporté des pistes d’évolution pour le matériel utilisé. Son action a aussi permis l’amélioration du dialogue entre le personnel et la direction ».
Sabrina Gournay, Aide médico-psychologique – EHPAD Gaston Houzel – volontaire pour l’étude de poste de soignant

« J’avais eu une expérience douloureuse dans mon ancien établissement avec la Santé au Travail, mais avec cette étude de poste, j’ai vu que le Service de Santé au Travail de Calais (ASTIL 62) était prêt à nous soutenir. Il s’est donné les moyens d’aller sur le terrain, avec un souci constant pour nous trouver des solutions propres à notre environnement de travail ».
Jean-Louis Tempelaere – Directeur – EHPAD Gaston Houzel

« Le personnel est à bout physiquement et moralement. Il vit dans l’angoisse de devenir maltraitant par manque de temps. Parallèlement, les prises en charge des pensionnaires sont de plus en plus lourdes et réclament plus de moyens tant humains que matériels. Notre groupe d’établissements souhaite faire bouger les choses, grâce à l’étude de poste de soignant réalisée par le Dr Lebas. C’est un plus d’être épaulé dans notre démarche par la Santé au Travail ».
Nicolas Martinet- Directeur – Maison de retraite St Antoine de Deves

(Publié dans le N°5 : De l'air, de l'air, oui... mais du bon !) le 05/01/2009

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