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Mairie

Une mairie ne passe pas le bruit sous silence

Travailler dans une atmosphère bruyante est le lot de nombreux salariés. Mais lorsque les décibels deviennent une nuisance quotidienne pour les travailleurs, il convient d’en mesurer l’impact et de mettre en place des actions correctrices. Focus sur une mairie qui a travaillé avec l’ASTIL 62 pour une sensibilisation au coeur des métiers.

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Ils sont bûcheron, élagueur, conducteur d’engins, employé des plages ou éducateur musical et ont tous un point commun : celui de travailler en compagnie d’une nuisance de même nature au quotidien, le bruit. « Si l’on regarde tous les postes de travail de la mairie, il y en a certains pour lesquels c’est évident : les employés affectés aux espaces verts et forestiers, par exemple, sont largement exposés au bruit. Qu’ils utilisent des tronçonneuses, des appareils d’élagage, des souffleurs à dos ou des aspirateurs de feuilles, on sait que l’exposition au bruit est forte », résume Virginie Lapôtre, Assistante Santé Travail à l’ASTIL 62 de Boulogne-sur-Mer. Mais il est d’autres secteurs où l’exposition au bruit est moins évidente et où la gêne pour le travailleur semble moins prégnante : c’est dans ce domaine que des progrès peuvent être attendus. Chaque poste potentiellement sensible a donc fait l’objet d’une mesure de bruit à l’aide de dosimètre portable par les salariés. Avec quelques surprises, notamment pour les éducateurs musicaux.

Des niveaux de bruits supérieurs aux valeurs d’exposition

« Ces derniers sont équipés de bouchons moulés pour minimiser le risque bruit auquel ils sont exposés, mais ce qu’on ne mesurait pas, c’était que la conception des locaux n’était pas idéale, alors qu’on le pensait », résume Virginie Lapôtre. En effet, les locaux dans lesquels les éducateurs musicaux exercent ont été conçus de manière à minimiser les nuisances sonores … mais pour le voisinage. Avec un effet boomerang indésirable : les bruits sont amplifiés pour ceux qui sont dans le local. « Nous nous en sommes aperçus car la personne qui faisait de la batterie, par exemple, souffrait de migraines à répétition et d’acouphènes. Il est soumis à des nuisances qui atteignent les 100 dB et travaille à 50% de son temps dans une atmosphère supportant 98 dB. Du côté du saxophone et de la trompette, les niveaux de bruit sont supérieurs à 87 dB. Or la valeur d’exposition inférieure (VAI) est de 80 dB, valeur qui nécessite des actions de prévention. La valeur supérieure (VAS) est de 85 dB et implique que des actions correctrices doivent être mises en oeuvre. On est dans ce champ d’actions », explique Virginie Lapôtre en soulignant que le port d’EPI devient obligatoire.

Rendre les EPI plus accessibles

Par comparaison, le poste d’élagueur est soumis à des niveaux de bruit de 92 dB et le service forestier travaille dans des conditions de bruit supérieur à 92 dB. « Suite à nos mesures, nous avons restitué les résultats auprès des agents et sensibilisé les personnes concernées à la nuisance bruit. Nous avons cependant rencontré un écueil : si les services techniques étaient en effet bien approvisionnés en dispositifs de protection -bouchons moulés, arceaux, casques -ces derniers n’étaient pas forcément utilisés par les principaux concernés. Tout simplement car ils n’étaient pas situés à proximité du lieu de travail : nous avons alors demandé que chaque service dispose d’un local spécifiquement dédié pour accueillir les EPI afin qu’ils soient plus directement accessibles aux salariés qui le nécessitent », termine l’Assistante de Santé au Travail.

Chaque poste potentiellement sensible a donc fait l’objet d’une mesure de bruit. ”

(Publié dans le N°11 : Bien au boulot, bien dans ma vie ? ) le 23/12/2010

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