Témoignages

Partager

Identifier, analyser et réduire le risque

Risque chimique maîtrisé : prévention renforcée !

Entreprise PeintouFace à la montée des exigences réglementaires et aux enjeux de santé au travail, l’entreprise Peintou s’est engagée dans une démarche ambitieuse pour mieux maîtriser le risque chimique et mieux protéger ses équipes. Avec l’appui de PÔLE SANTÉ TRAVAIL (PST), elle a structuré une méthodologie solide, s’appuyant sur des outils spécialisés et l’expertise d’un toxicologue.

Créée en 2021 à Steenwerck, Peintou est spécialisée dans l’application de peinture professionnelle. Elle fait partie d’un regroupement d’entreprises "La Façonnerie", avec 4 entreprises complémentaires : Turbé, Bandeservices, Uti-Métallerie et Assemblex. Pour toutes, la maîtrise des produits chimiques s’est imposée comme un enjeu stratégique. Peintou a été la première à engager une démarche de fond pour identifier précisément les substances utilisées, réduire l’exposition de ses salariés et élargir la démarche au volet environnemental.

Une démarche structurée

Pendant l’élaboration de la Fiche d’Entreprise, l’équipe santé travail de PST utilise Toxilist, un outil intégrant des bases de données toxicologiques interfacées en temps réel, pour identifier les produits chimiques utilisés chez Peintou. Ce recensement sert de base à l’entreprise pour amorcer une première évaluation du risque chimique. Rapidement, la volonté d’aller plus loin s’impose. « Nous avons proposé d’utiliser SEIRICH pour structurer cette évaluation », explique Thomas Franchi-Godin, toxicologue. « L’inventaire est souvent l’étape la plus longue et la plus chronophage. Le fait de pouvoir articuler Toxilist avec SEIRICH nous permet de sécuriser les données et de simplifier considérablement le travail des entreprises ». L’inventaire Toxilist est rendu compatible avec SEIRICH, évitant à Peintou de ressaisir manuellement ses FDS. « Nous avons ainsi pu intégrer nos données sans perdre de temps », souligne Thomas Vandenbussche du Service Support Sécurité Santé Environnement. Outil national de référence, SEIRICH permet ensuite d’évaluer finement les expositions, de mettre en évidence les substances CMR et d’aider à prioriser les substitutions. « SEIRICH nous permet de mieux maîtriser le risque mais aussi de mieux comprendre les impacts de chaque produit sur la sécurité et la santé des personnes, mais aussi sur l’environnement », poursuit-il.

Des résultats rapides et mesurables

La démarche porte ses fruits et révèle la présence de produits dangereux. En 2024, 60 FDS ont été analysées et une vingtaine de produits CMR identifiés.
Aujourd’hui, 118 FDS sont intégrées dans SEIRICH et il n’y a plus aucun produit CMR 1A/1B chez Peintou. « Cela permet une vraie prise de conscience et un meilleur ciblage pour justifier de la substitution, voire de la suppression des produits les plus dangereux CMR 1A/1B », souligne Thomas Vandenbussche. L’initiative menée chez Peintou a vocation à être étendue à l’ensemble des entreprises de "La Façonnerie". L’objectif : disposer d’une cartographie globale et partagée des risques chimiques et instaurer une culture de prévention durable.

Simplifier la prévention pour mieux agir

Souvent perçue comme contraignante car étroitement liée à la réglementation, la prévention du risque chimique peut être facilitée par des outils adaptés. Avec Toxilist, PÔLE SANTÉ TRAVAIL simplifie le repérage des produits chimiques pour ses entreprises adhérentes. « Cette première étape est indispensable pour leur permettre d’évaluer elles-mêmes leurs risques chimiques et d’agir en prévention le plus tôt possible, grâce à des outils comme SEIRICH qui propose des plans d’actions adaptés », rappelle Thomas Franchi-Godin. « C’est certain : avec un soutien méthodologique et des outils innovants, la prévention peut vraiment s’intégrer à la stratégie industrielle. Mon sujet de thèse professionnelle avec l’École d’Ingénieur du CESI d’Arras, évalue d’ailleurs jusqu'où l’exploitation de l'outil SEIRICH permet de contribuer
au niveau de performance au titre des exigences en SST et en Environnement », conclut Thomas Vandenbussche.

(Publié dans le N°72 : Des brancards repensés pour soulager les soignants) le 27/05/2026

Partager