Témoignages
Maintien en emploi
Une reprise réussie grâce à des aménagements adaptés !
À l’IME Léonce Malécot de Saint-Amand-les-Eaux, la coopération entre l’employeur, le médecin du travail de preveno et les acteurs du maintien en emploi a permis à une salariée de reprendre son activité sereinement et dans de bonnes conditions après plusieurs années d’arrêt.
La situation initiale
Une salariée de l’IME Léonce Malécot, établissement de l’APEI du Valenciennois, situé à Saint-Amand-les-Eaux, est reçue par le Dr Lointier, en visite de pré-reprise le 1er octobre 2024, après près de trois ans d’arrêt de travail. Cette consultation marque le point de départ d’une mobilisation rapide des acteurs du maintien en emploi : signalement auprès de Cap Emploi dès le 3 octobre, suivi d’une étude de poste le 13 novembre.
À l’origine, la salariée occupait deux fonctions : aide-cuisinière et accompagnatrice de jeunes lors des trajets en bus matin et soir. Or, son état de santé ne lui permet plus d’assurer cette seconde mission et une restriction médicale limite le port de charges à 5 kg. L’enjeu est donc de maintenir la salariée sur son activité en cuisine, tout en réduisant les contraintes physiques.
Une étude de poste au cœur de la démarche !
L’étude de poste, réalisée en présence de la salariée et de son responsable, permet de visiter les locaux, de présenter les missions confiées et d’échanger directement sur les
difficultés rencontrées. Les contraintes du poste sont précisément identifiées et des solutions adaptées envisagées. Deux problématiques principales ressortent : le port de charges quotidien et l’obligation d’éviter tout choc au niveau abdominal, la salariée étant équipée d’un dispositif médical.
Des solutions concrètes pour sécuriser le poste
Plusieurs aménagements sont mis en place :
- une mini-desserte, facilitant les déplacements de matériel dans les espaces restreints comme les couloirs ;
- un mini-gerbeur semi-électrique en inox pour manipuler sans effort les charges lourdes (bacs gastronomes ou de légumes, casseroles…) ;
- et enfin, une ceinture de protection ventrale pour sécuriser la zone abdominale.
Les équipements, leur coût et les possibilités de financement via l’OETH ont été présentés à l’employeur afin de faciliter leur mise en œuvre.
Un collectif de travail mobilisé
Ces aménagements se révèlent suffisants pour respecter les restrictions médicales émises par le médecin du travail et permettre la reprise d’activité. L’organisation du travail a également joué un rôle important : l’équipe de cuisine, particulièrement soudée, contribue à équilibrer la charge de travail et à soutenir la salariée si besoin.
« Les aménagements ont bien entendu aidé à sécuriser son poste de travail, mais aussi ceux du reste de l'équipe, le matériel étant utilisable par tous », témoigne Ghislain Tesson, coordinateur des services généraux au Dispositif Enfance de l’Amandinois - Ferme thérapeutique La Reconnaissance. La salariée a également obtenu une pension d’invalidité de première catégorie, ce qui lui a permis de réduire son temps de travail tout en limitant l’impact financier de cette évolution.
Un suivi régulier après la reprise
La reprise de la salariée est effective depuis le 18 novembre 2024. Elle bénéficie d’un suivi individuel adapté, avec plusieurs consultations auprès du médecin du travail en 2025 afin d’accompagner durablement sa reprise.
« La reprise s’est très bien passée. Notre salariée a toujours montré une réelle envie de reprendre le travail, cela représentait aussi pour elle une victoire personnelle, je pense. Je suis très satisfait de ce retour à l'emploi réussi. Cela fut une véritable étude sur le terrain, particulièrement efficace. Il ne s'agissait pas de confronter des avis ou des idées, mais de véritablement travailler en équipe. » Ghislain Tesson
Cette démarche illustre l’importance d’une mobilisation précoce et collective pour sécuriser les parcours professionnels et favoriser le maintien en emploi.
(Publié dans le N°72 : Des brancards repensés pour soulager les soignants) le 05/06/2026
